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Déblocage anticipé du PER en cas de fin de droits au chômage

Ce guide explique quand et comment débloquer son PER lorsque les allocations chômage arrivent à expiration sans retour à l'emploi.

Le PER prévoit plusieurs cas de sortie anticipée avant l'âge de la retraite, et l'un d'eux vise la personne dont les droits à l'assurance chômage arrivent à leur terme sans qu'elle ait retrouvé un emploi. Ce cas se distingue d'une simple perte d'emploi : il faut avoir épuisé la période d'indemnisation versée par France Travail pour pouvoir invoquer ce motif de déblocage. Le fonctionnement général du plan, tel que décrit dans la page consacrée à la définition et au fonctionnement du PER, prévoit que l'épargne reste normalement bloquée jusqu'à la retraite, sauf survenue de l'un de ces événements limitativement énumérés par la loi. Les conditions d'ouverture du plan, précisées sur la page dédiée à l'âge et aux conditions d'ouverture du PER, n'ont pas d'incidence sur la possibilité de bénéficier de ce déblocage anticipé.

La demande de déblocage anticipé pour fin de droits au chômage suit une procédure encadrée par le gestionnaire du plan, qu'il s'agisse d'un contrat individuel ou d'un PER individuel ou PER entreprise souscrit dans un cadre professionnel.

  1. Le titulaire rassemble les justificatifs attestant de la fin de ses droits à l'allocation chômage, délivrés par France Travail.
  2. Il adresse une demande écrite à l'assureur ou au teneur de compte du PER, accompagnée de ces justificatifs et d'un relevé d'identité bancaire.
  3. Le gestionnaire vérifie la conformité du dossier avant de procéder au versement du capital.
  4. Les sommes débloquées sont versées en une seule fois, contrairement à la sortie classique à la retraite qui peut ouvrir droit à une rente.

Cette procédure ne modifie pas les autres caractéristiques du plan décrites dans le comparatif des avantages et inconvénients du PER, notamment le principe du blocage de l'épargne hors cas prévus par la loi.

Le PER regroupe plusieurs compartiments : les versements volontaires, l'épargne salariale issue de l'intéressement ou de la participation, et, pour le PER d'entreprise, les versements obligatoires de l'employeur. Le cas de fin de droits au chômage ouvre le déblocage anticipé de l'ensemble de ces compartiments, sans exception liée à leur origine. La fiscalité applicable au moment du déblocage dépend toutefois du traitement fiscal choisi lors du versement, comme l'explique la page sur les versements déduits ou non déduits du PER.

Origine des sommesTraitement à l'entréeTraitement à la sortie anticipée
Versements volontaires déduitsDéduits du revenu imposableCapital soumis à l'impôt sur le revenu, gains soumis aux prélèvements sociaux
Versements volontaires non déduitsNon déduits du revenu imposableCapital exonéré d'impôt sur le revenu, gains soumis aux prélèvements sociaux
Épargne salariale et abondementExonérés à l'entréeCapital exonéré d'impôt sur le revenu, gains soumis aux prélèvements sociaux

Le mécanisme de la déduction fiscale, détaillé dans le guide sur le fonctionnement de la déduction fiscale du PER, explique pourquoi ce choix initial influence directement l'imposition du capital débloqué.

Avant de solliciter le déblocage anticipé, il convient d'évaluer l'impact fiscal immédiat de la sortie en capital, qui peut se cumuler avec d'autres revenus de l'année et modifier le niveau d'imposition du foyer. Le titulaire vérifie également s'il a intérêt à conserver une partie de ses droits à déduction non utilisés, sujet traité dans le guide sur le report des plafonds de déduction PER sur 5 ans. Pour les couples, la question du plafond mutualisé entre conjoints ou partenaires de Pacs, présentée dans la page dédiée à la mutualisation du plafond PER entre conjoints, peut aussi entrer en ligne de compte si l'un des deux membres du couple envisage ce déblocage.

Les critères à examiner incluent notamment :

  • le montant des droits à déduction restant disponibles pour les années suivantes ;
  • la situation fiscale globale du foyer au moment de la demande ;
  • la nécessité réelle de disposer immédiatement de ces sommes ;
  • l'existence d'alternatives, comme un maintien de l'épargne jusqu'à la retraite.

Plusieurs erreurs reviennent fréquemment lors d'une demande de déblocage anticipé pour fin de droits au chômage :

  • transmettre un dossier incomplet, ce qui retarde le versement des sommes par le gestionnaire ;
  • ignorer l'impact fiscal du capital débloqué sur l'imposition de l'année en cours ;
  • confondre ce cas avec une simple période de chômage, alors que la loi exige l'épuisement des droits à indemnisation ;
  • ne pas comparer cette option avec le maintien de l'épargne, dont le fonctionnement général est rappelé dans le guide consacré à la définition et au fonctionnement du PER.

Une vérification préalable auprès du gestionnaire du plan permet d'éviter ces écueils et de sécuriser le déroulement de la demande.

Un conseiller peut vérifier votre éligibilité au déblocage anticipé de votre PER avant toute demande.

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Questions fréquentes

Il faut fournir l'attestation de fin de droits délivrée par France Travail, une pièce d'identité et un relevé d'identité bancaire. Le gestionnaire du plan peut demander des documents complémentaires selon le contrat souscrit.

Le traitement fiscal dépend de l'origine des sommes. Les versements volontaires déduits à l'entrée sont imposés au moment du déblocage, tandis que les versements non déduits et l'épargne salariale sont exonérés d'impôt sur le revenu, hors prélèvements sociaux sur les gains.

La condition de fin de droits s'apprécie à la date de la demande. Un retour à l'emploi postérieur au dépôt du dossier ne remet pas en cause le déblocage déjà validé par le gestionnaire.

Oui, ce cas de déblocage s'applique aussi bien au PER individuel qu'au PER d'entreprise, y compris aux compartiments alimentés par l'épargne salariale et les versements de l'employeur.

Clémentine Langevin

Conseillère en gestion de patrimoine

Diplômée de l'ESSEC (Master Finance) et de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Clémentine Langevin a débuté sa carrière en gestion de patrimoine dès 2015, avant de rejoindre Perlib en 2021. Fort de plus de 10 ans d'expérience en conseil financier et en gestion de patrimoine, elle occupe aujourd'hui le poste de Manager chez Perlib. Elle accompagne les clients dans l'optimisation et la structuration de leur patrimoine avec une expertise pointue sur les enjeux fiscaux et financiers.