Non, elle constitue le mode de gestion par défaut proposé à l'ouverture, mais l'épargnant peut opter pour une gestion libre s'il souhaite choisir lui-même la répartition entre les supports disponibles.
Comment la gestion pilotée du PER s'adapte-t-elle à l'âge ?
Ce guide explique comment la gestion pilotée ajuste progressivement l'allocation du PER selon l'horizon de départ à la retraite.

La gestion pilotée à horizon retraite est le mode de gestion proposé par défaut lors de l'ouverture d'un PER. Elle consiste à confier l'allocation de l'épargne à un gestionnaire qui ajuste automatiquement la répartition entre supports dynamiques et supports sécurisés en fonction du nombre d'années restant avant la retraite.
Ce mécanisme s'applique aussi bien aux salariés qu'aux travailleurs indépendants et TNS, dès lors que les conditions d'âge et d'ouverture du PER sont réunies. L'objectif n'est pas de maximiser la performance à tout prix, mais de sécuriser progressivement le capital constitué à mesure que l'échéance de sortie approche.
Le choix d'une gestion pilotée à horizon retraite repose sur plusieurs critères, au-delà du seul âge de l'épargnant. Il convient d'examiner la manière dont le contrat définit les paliers de désensibilisation, la nature des supports utilisés à chaque étape et la possibilité de personnaliser le profil de risque.
Quelques points à vérifier avant de retenir une gestion pilotée :
- La date de départ à la retraite prise en compte par défaut par le contrat.
- Les possibilités d'ajustement du profil de risque en cours de vie du plan.
- La cohérence entre l'horizon retenu et les hypothèses de déblocage anticipé du PER avant la retraite.
- L'articulation avec un projet de financement de la résidence principale, qui peut justifier une allocation moins prudente si la sortie est envisagée avant l'âge légal.
- Les frais de gestion appliqués, qui varient selon les gestionnaires et les supports sélectionnés.
Plusieurs erreurs reviennent régulièrement dans l'usage de la gestion pilotée à horizon retraite. La première consiste à ouvrir un PER sans avoir vérifié si ce mode de gestion est réellement adapté à sa situation fiscale, notamment lorsque l'on s'interroge sur la pertinence d'ouvrir un PER en étant peu imposé.
La seconde erreur consiste à négliger la clause bénéficiaire du contrat, alors que sa rédaction conditionne la transmission du capital en cas de décès avant la sortie ; il est donc utile de revoir régulièrement la clause bénéficiaire du PER. Enfin, certains épargnants modifient l'horizon retenu sans mesurer l'impact sur la vitesse de désensibilisation, ce qui peut exposer le capital à des variations de marché non anticipées à l'approche de la retraite.
La gestion pilotée continue de s'appliquer même lorsque le PER fait l'objet d'un déblocage anticipé lié à un accident de la vie. En cas d'invalidité, les modalités de sortie diffèrent de celles prévues à l'origine, comme le détaille la fiche sur le déblocage du PER en cas d'invalidité.
De même, une fin de droits au chômage constitue un motif de déblocage anticipé encadré par des conditions précises, décrites dans le guide consacré au déblocage anticipé du PER en cas de chômage. Dans ces situations, l'allocation en cours au moment du déblocage n'est pas nécessairement celle qui aurait été retenue à l'échéance normale de la retraite.
À l'approche de la sortie, la gestion pilotée a normalement déjà réduit l'exposition au risque, ce qui facilite la transition vers un versement en capital ou en rente. Lorsque la sortie s'effectue sous forme de rente, son régime d'imposition dépend de la nature des versements effectués, un mécanisme détaillé dans la page consacrée à la fiscalité de la rente issue du PER.
Par ailleurs, le décès du conjoint avant l'échéance peut ouvrir un cas de déblocage anticipé spécifique, présenté dans le guide sur le déblocage du PER après le décès du conjoint. Dans tous les cas, l'allocation pilotée en place au moment de l'événement conditionne la valeur de rachat disponible.
Un conseiller peut vous aider à adapter la gestion pilotée de votre PER à votre horizon de retraite.
Questions fréquentes
Le calendrier dépend de chaque contrat, mais la désensibilisation débute généralement plusieurs années avant l'échéance retenue et s'accentue dans les dernières années précédant le départ à la retraite.
Certains contrats permettent de personnaliser le profil de risque et de conserver une allocation plus dynamique, ce qui reste un choix actif de l'épargnant et implique d'assumer une exposition prolongée aux marchés.
Oui, l'allocation pilotée reste en place jusqu'au retrait effectif des sommes, y compris lorsque le déblocage intervient avant l'échéance initialement prévue pour un motif reconnu par la réglementation.




L'allocation évolue par paliers, définis selon l'horizon restant avant l'âge de départ à la retraite retenu par l'épargnant. Plus cet horizon est long, plus la part d'actifs dynamiques reste importante ; à l'inverse, elle diminue progressivement au profit de supports sécurisés lorsque l'échéance se rapproche.
Ce calendrier de désensibilisation n'est pas figé : il tient compte de l'âge d'ouverture et du rythme des versements, un point à croiser avec les règles de report des plafonds de déduction sur cinq ans et avec le choix entre versements déductibles ou non déductibles, qui influence l'intérêt de privilégier une allocation dynamique ou prudente selon la situation fiscale.